Il est 19h ce samedi 13 mai au domaine des pins à Courbevoie, quand la foule se rassemble au pied de la résidence où a été assassinée Chloé, une petite fille de 5 ans. A l’appel de Khadija La Combattante, habitante du quartier, accompagnée par le Collectif Enfantiste, tous sont venus se recueillir tant le drame a profondément choqué. En effet, les voisins et proches de la famille nous livrent alors un récit qui démontrent des défaillances dans la protection de cette petite fille et de sa mère. On entend alors quelques voix s’élever péniblement « elle aurait pu être sauvée ».
6 plaintes déposées depuis fin février
Il faut revenir en arrière pour comprendre ce qu’il s’est passé ce jeudi 11 mai au soir. Selon les voisins de la famille, cela faisait plusieurs années que la maman de Chloé était victime de violences conjugales mais depuis quelques mois, elle essayait de s’en sortir. Ainsi elle aurait déposé 6 plaintes au commissariat depuis fin février. Cette maman, d’origine chinoise et sa fille n’ont pas été protégées immédiatement. PHARMACIE
Grâce à une association dans laquelle elle était suivie, elle réussit à fuir le foyer avec sa fille et trouver un logement d’urgence. Le père lance alors un avis de recherche et l’accuse de kidnapping. La mère saisit le tribunal et demande une ordonnance de protection. A la sortie du tribunal, le père aurait arraché Chloé pour l’emmener avec lui à son domicile.
Quelques jours plus tard, le jeudi 11 mai, une ordonnance de protection est délivrée par le juge. Vers 22h, le père demande à son ex-compagne de venir chercher l’enfant au domicile conjugal qu’il occupe, ce qu’elle fait. Sans nouvelle et inquiète, une de ses amie prévient la police qui se rend sur place vers 0h15. Suite à leur intervention, la maman sort de l’appartement, nue et choquée. Le père, qui se retranche dans l’appartement, tente de se suicider. La police arrive à rentrer dans le logement et découvre la petite fille, assassinée.
Depuis le grenelle des violences conjugales, les commissariats sont équipés d’une grille d’évaluation afin de détecter les situations de danger immédiat. La séparation et le contrôle permanent qu’exerce l’agresseur sur sa victime sont des facteurs à hauts risques.
Pourquoi Chloé et sa maman n’ont-elles alors pas été mises en sécurité immédiatement ? Que s’est-il passé malgré les plaintes déposées ?
Les enfants sont des victimes directes des violences conjugales
Ils sont souvent utilisés comme objet de pression, de chantage et de torture sur le parent victime. Le père de Chloé, n’ayant plus de prise sur son ex-compagne, a décidé d’enlever l’enfant à sa mère, la condamnant ainsi toute sa vie. Il s’agit d’un meurtre psychique. Les violences conjugales ne s’arrêtent pas à la séparation et dépassent parfois la mort de l’agresseur quand les enfants sont assassinés ou traumatisés par les violences qu’ils subissent à leur tour.
En 2021, ce sont 14 enfants assassinés, dans un contexte de violences conjugales. Chaque année, 398 000 enfants sont co-victimes de violences conjugales selon le Haut Conseil à l’Egalité. Pourtant, de nombreux témoignages reçus par le Collectif Enfantiste, démontrent que certaines juridictions pensent encore qu’un conjoint violent peut être un bon parent. Nos institutions ne font pas le lien entre les violences conjugales et les violences faites aux enfants, parfois les enfants sont mêmes confiés à l’agresseur soupçonnant alors la manipulation des enfants par le parent victime, majoritairement des mères.
L’assassinat de cette petite fille ne peut rester silencieux parce qu’il met en avant les failles de notre société sur la compréhension des violences conjugales et sur la protection des victimes et de leurs enfants. Chloé est la victime directe des violences conjugales, elle était innocente et méritait qu’on la protège. La France doit protéger ses enfants, il s’agit d’une urgence sociale.


